Élaboration d'un mélange gazons

La palette végétale permet, suivant les recettes, de répondre à toutes les attentes en matière de création de gazon.

Nous pouvons distinguer :
• les espèces destinées aux sports (ray-grass anglais, pâturin des prés ou fétuque élevée),
• les espèces plus ornementales (ray-grass anglais, fétuques rouges, fétuque ovine, pâturin commun, agrostis tenuis, …)
• les espèces spécifiques (agrostis stolonifera pour les greens, le ray‑grass italien dit annuel pour l'hiver sur les stades, …)

La composition d’un mélange est dictée par :
• son utilisation future
• le sol en place
• l’exposition
• le temps d’installation donné
• Les moyens d’irrigation à disposition

On obtient ainsi une recette de plusieurs espèces, déclinée en plusieurs variétés, avec un dosage de semis en rapport avec la composition.

Équilibrage d'un mélange

La composition d’un mélange gazon est inscrite sur l’étiquette du SOC. Notons que l’expression en pourcentage de poids n’est pas forcément le reflet d'un mélange en nombre d’individus. Il existe une grande disparité du nombre de graines au gramme entre les espèces : par exemple l’agrostis approche les 18000 graines au gramme, la fétuque élevée environ 500 graines, la fétuque ovine avoisine les 2000 graines.

Le dosage du mélange est déterminé par la recette employée, pour approcher les 30-35 000 graines au m². On remarque parfois des mélanges déséquilibrés avec 20% de fétuque élevée, quand il en faut 50% minimum pour éviter des effets de touffes grossières, ou encore des conceptions de mélanges fleuris avec des dosages en pâquerettes bien trop importants (10 000 graines/g).

Notion d'inversion de flore

Un mélange doit être pensé dans la durée. Ainsi, combiner des espèces agressives et des espèces à pousse lente aboutit à un appauvrissement de la flore très rapidement :
• fétuque élevée avec fétuque ovine,
• pourcentage de trèfle (même dit "micro") trop élevé avec de la fétuque ovine

Notion d'installation rapide et de pousse lente

Il est régulièrement demandé une équation impossible à honorer. Un gazon ne peut pas s’installer rapidement puis réduire son rythme de pousse. Également, on ne peut demander une pousse lente, et une résistance aux piétinements.
N’oublions pas que l’objectif premier lors de l’installation d’un gazon, c’est l’enracinement qui permet au gazon de se régénérer. On s’arrête souvent à l’apparition du feuillage qui n’est en fait qu’une première étape de l’implantation d’une pelouse.

Un gazon sportif, à sa création, demande 9 à 12 mois d’attente avant son utilisation. Cela permet de produire de la racine, et donc de la réserve pour une régénération future. Un gazon qui se régénère doucement avec une utilisation intense ne sera pas esthétique et durable.

Temps d'installation mauvaise germination

Le client est souvent impatient, cela pousse quelquefois à proposer des mélanges basiques pour obtenir une pousse rapide. Or, chaque espèce a sa propre énergie germinative, qui s’exprime en jours ou semaines. Dans de bonnes conditions, un ray-grass anglais lève en 3 à 4 jours, quand une fétuque rouge demande 2 semaines, et un pâturin des prés classique 3 semaines.

En principe, une espèce à pousse lente germe doucement. Les mélanges ornementaux contenant beaucoup de fétuque rouge ou de fétuque ovine demandent donc un délai plus important, mais le résultat esthétique, la pérennité et l’entretien sont au rendez-vous.

Si l’on écarte les mélanges stockés depuis plusieurs années, les effets climatiques (coup de sec au moment de la sortie du germe, le gel brutal du début de printemps), un mélange composé de plusieurs espèces s’installe correctement.
Pour un gazon, on sème environ 30 000 graines au m², avec des espèces différentes demandant des temps de germination différents. Il est quasi impossible d’avoir une germination à zéro.